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Les Roses… N’est-ce pas un joli titre de collection pour ce roman et ceux qui vont suivre, dédiés à des femmes sinon exceptionnelles du moins bien intégrées à leur temps ?
Rose thé, comme Jeanne ou l’amour de la famille ;
Rose bleue, comme Marie-Lou à la recherche de son enfance ;
Rose rouge, comme Aline, ou la volonté faite femme ;
Rose ancienne, comme Louise, fière et indépendante ;
Rose parme, comme Rosalie ou
Rose blanche, comme Bertha…
Autant de portraits que vous aurez envie de découvrir, parce que ces roses sont universelles. Sans doute aussi, ne seraient-elles pas ce qu’elles sont sans les jardiniers qui les ont aidées à fleurir… Donc, il y a beaucoup d’hommes dans ces livres ! Leurs vies, aux uns comme aux autres, n’ont pas été faciles, mais tous peuvent en être fiers : ils ont fait « pour le mieux » compte tenu du temps et du lieu où ils vivaient.
Les personnages, tels qu’ils sont racontés, n’ont peut-être pas existé, mais ce sont en tout cas des êtres de chair et de sang qui ont inspiré ces histoires… qui pourraient être vraies. Les événements qui ponctuent leur vie, en tous cas, le sont.
Dans le nord de la France, pour Jeanne, la vie n’est pas facile comme pour toutes celles, sans doute, qui, nées à la fin du XIXème siècle, doivent travailler du pour survivre. Jeanne, pourtant, nous est tellement familière qu’on a l’impression de la connaître, de l’avoir déjà côtoyée…
N’est-elle pas une femme et les femmes, depuis toujours, n’ont-elles pas été l’ancre de la famille ! N’ont-elles pas tout assumé, tout supporté pour protéger leurs enfants, pour épauler leur mari ! En ce temps, les grossesses à répétitions, les morts prématurées sont leur lot. Et Jeanne, avec les déménagements répétés, la guerre, la famine, la misère, la prison, mais aussi le renouveau à Paris, n’y échappera pas… Nonobstant, toujours positive, elle accepte tout et se bat avec une énergie et une volonté sans bornes qui force l’admiration, le respect et la tendresse. Il est impossible de ne pas aimer cette femme, dont le sourire est presque toujours au coin des lèvres, et le chant au fond du cœur, comme il est impossible de ne pas aimer ce livre. Il nous parle de nous, des corons, de la vie des mineurs et des compagnons, il nous rappelle à nos souvenirs, à nos familles, à notre histoire et à notre avenir…
EXTRAIT
Jeanne ou l’amour de la famille
La demande en mariage
A la maison, ses frères, Emile, Etienne et Lucien le dernier des garçons, et Joseph, sont attablés et s’affrontent dans une bruyante partie de belote. Ils s’interrompent, étonnés de voir arriver leur Jeanne, décomposée, des larmes coulant sur ses joues.
Qu’est-ce que tu as ? Qu’est-ce qui s’es passé ? Allons ! parle…
Entre deux sanglots, elle raconte, en mélangeant la vogue et le genièvre, les réponses de grand Paul, le bébé qu’il faut vendre, son désespoir et son impuissance… Alors, comme dans les romans qu’elle lit, parfois, Joseph, surnommé Amusette, s’approche et dit :
Moi, ma Jeanne, je te prends et le bébé avec. Pas question de le vendre. Je l’élèverai avec les miens, car nous en aurons d’autres.
Et se tournant vers Emile, Etienne et Lucien :
Je vais marier la Jeanne.
(Chapitre IV… à suivre)
Prix des Editions Sekmet, 6/2005
Prix de l’Académie des Sciences et Belles Lettres d’Arras, 5/2005
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