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ALINE, la volonté faite femme
ISBN 9524265-0-3 - 2006 190 p 14 euros
« Passionnée de recherches historiques sur l’Auvergne, sa région tant aimée, Liliane Godat s’en échappe pour sa série de romans « Les Roses ». Elle laisse libre cours à son imagination tout en décrivant des régions qu’elle a parcourues, des situations qu’elle a observées »
Dans le Nord, jusqu’à l’âge de douze ans, Aline est heureuse, fière de sa vie, de ses parents, de son père en uniforme… De retour de la campagne d’Italie, celui-ci décède et tout change. Sa mère se laisse mourir de chagrin, l’argent ne rentre plus. Seule avec Guitte, la nourrice, elle s’occupe de tout…
Sa rencontre avec Léopold, malgré l’extase des débuts et la naissance de quatre filles ne lui laisseront guère de répit. Pourtant, avec tout le courage qui caractérise le plus souvent les femmes devant l’adversité, Aline fait face à tous les problèmes. A force de travail, de volonté et de ténacité, elle remontera même la pente et pourra, de nouveau, être fière de sa vie, de son accomplissement et de celui de ses filles… C’est pourtant compter sans les présages de Marinette, la cartomancienne et la guerre de 14-18 !
Une histoire prenante et surprenante, une nouvelle « rose » qui, comme la première, nous entraîne sur des chemins à la fois connus et méconnus. On y retrouve la vie de Maguy Fred, étoile montante de la chanson du trottoir durant les années folles, et celle de Galiardin l’accordéoniste. Mais on y retrouve surtout le courage et la détermination de « nos grands-mères », leurs « mains de fer dans un gant de velours », leur sens inné de la famille, leur sacrifice déterminé, leur sens de l’entraide… Sans la volonté et la force de caractère de ces femmes qui avaient l’habitude de la vie dure et des destins difficiles, sinon tragiques, où serions-nous ?
EXTRAIT
Aline, la volonté faite femme
Elle a usé de toute sa séduction pour que Léopold tombe amoureux. A dire vrai, cela n’a pas été très difficile tant il avait besoin de la chaleur qui irradiait de cette maison tenue par deux femmes. En plus, il n’avait pas tardé à s’y sentir nécessaire, car les tâches où il pouvait montrer sa force et son habileté ne manquaient pas. Même les jeunes frères d’Aline étaient heureux d’avoir un aîné à qui se confier ; Eugène souhaitait travailler à la mine et Valentin aux Chemins de fer, alors qu’Aline préférait les voir dans des bureaux. Léopold prenait leur défense. Aline et Guitte capitulaient.
Le printemps 1872 passe sans demande de mariage… puis l’été… Léopold ne se décide pas à sauter le pas. Alors, que fait selon vous une femme amoureuse et décidée ? Sans s’occuper des usages après tout, elle est majeure depuis quelques mois -, elle devient sa maîtresse sans attendre d’être passée devant Monsieur le Maire ni Monsieur le Curé. Elle sait que c’est une honte, un péché… tant pis ! Puisqu’il faut en passer par là pour que Léopold prenne ses responsabilités.
Bientôt, il ne peut plus reculer, c’est décidé, ils seront mariés dans l’année. Il faut seulement que Léopold trouve du travail à Avesnes. Aline s’en occupe. Grâce à la femme du Receveur et à une recommandation obtenue par la femme de l’adjoint de bonnes clientes -, Léopold, en tant qu’ancien militaire va pouvoir entrer au Service des Postes. Elle se souvient de sa joie devant ce travail assuré même si la paie n’est pas grosse. Il porte un uniforme moins flatteur que celui de son père, mais c’est tout de même un poste de confiance puisqu’il faut prêter serment pour y entrer. Et puis, rien n’empêche d’espérer qu’il puisse un jour devenir receveur. Elle l’y aidera.
Les années d’illusion (chapitre III) à suivre
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